Ressource
L’alimentation est bien plus qu’un besoin à la base de la pyramide de Maslow. En contexte éducatif ou scolaire, elle constitue un véritable espace de rencontre et de découverte, ainsi qu’un puissant levier d’inclusion sociale, particulièrement pour les enfants qui ont des besoins particuliers.
En transformant la nourriture en langage universel, on crée des ponts entre des réalités différentes et on valorise les forces de chacun et chacune, nourrissant ainsi le sentiment d’appartenance et le pouvoir d’agir.
À travers son programme L’agroalimentaire s’invite à l’école, AgrÉcoles démontre comment l’alimentation peut transformer la vie des enfants et créer des milieux plus humains et participatifs.
Des projets agroalimentaires adaptés à tous les enfants
Lorsqu’on plante des semis dans un jardin ou qu’on cuisine sa récolte, les compétences mobilisées ne sont pas les mêmes que celles qu’on exige dans une classe ou un cours conventionnel.
La patience, l’observation, la curiosité, la motricité, l’entraide et la collaboration : voilà les compétences mises de l’avant dans le cadre d’un projet agroalimentaire. Celles-ci sont parfois plus accessibles aux enfants qui rencontrent des difficultés scolaires ou qui sont neurodivergents.
Jenna Hould, agroéducatrice pour AgrÉcoles depuis deux ans, l’a observé à de multiples reprises : « Que ce soit dans les classes d’élèves avec un trouble du spectre de l’autisme [TSA] ou dans les écoles où la clientèle est plus défavorisée ou fait face à des besoins particuliers, les activités autour de l’alimentation permettent de ramener tout le monde au même niveau. »
« Dans une classe TSA que j’accompagne, plusieurs élèves vivent des inconforts avec les textures, raconte-t-elle. Le simple geste de mettre les mains dans le terreau peut représenter un véritable défi. Lors de l'activité des semis de cerises de terre, je les ai accompagnés avec bienveillance, en leur expliquant l’importance de jardiner et la magie de faire pousser quelque chose soi‑même. Quelque chose a changé. Les élèves ont plongé leurs mains dans la terre, parfois timidement, parfois avec un petit sourire fier. Maintenant, quand je les croise dans les corridors de l'école, ils sont fiers de me raconter comment ils prennent soin de leurs plants qui grandissent. »
L’agroéducatrice a aussi remarqué les bienfaits du jardinage pour les enfants qui vivent avec un handicap : « Durant une activité à l'extérieur, une petite fille en fauteuil roulant participait à l’activité de création d’un protecteur du jardin, un petit visage d’argile décoré d’éléments trouvés dans la nature. Malgré sa limitation fonctionnelle, elle a réussi à récolter des feuilles, de petites branches et quelques trésors au sol pour créer son protecteur. Chaque geste demandait un effort, mais elle y mettait une détermination tranquille. Cette petite fille ne parle pas, mais son sourire disait tout : la joie d’être dehors et la fierté de sa création. »
Réduire les inégalités et favoriser la diversité culturelle par l’alimentation
Dans un contexte où le prix des aliments représente un enjeu pour un nombre croissant de familles, les organismes qui œuvrent en sécurité alimentaire rappellent que transmettre des savoir-faire, comme la cuisine, le jardinage et la conservation des aliments, renforce l’autonomie alimentaire et la résilience. De plus, les jardins scolaires et communautaires sont des espaces de rencontre, d’entraide et de partage de connaissances, de recettes, de traditions agricoles, de plantes et de semences. Les enfants peuvent ainsi découvrir la diversité alimentaire qui les entoure et en faire une force.
L’alimentation crée un pont naturel entre les cultures. Une occasion idéale de valoriser le patrimoine et l’héritage de toutes les personnes autour de la table (ou du râteau) et d’en faire une richesse collective.
L’alimentation comme levier de justice sociale
S’intéresser à l’alimentation, c’est lever le voile sur plusieurs inégalités liées à l’accès aux aliments frais, aux espaces de culture et aux savoirs culinaires, mais c’est aussi révéler son formidable potentiel de transformation collective. Lorsque les communautés se réapproprient leur alimentation en jardinant, en cuisinant et en partageant, elles renforcent leur autonomie, leur dignité et leur pouvoir d’agir.
Autour des potagers comme autour des tables, la nourriture crée des liens. Les cuisines collectives et les repas communautaires permettent aussi aux personnes aînées de jouer un rôle actif dans la vie collective et la transmission de savoirs.
Vers un avenir où chaque personne a sa place à table
Se nourrir ensemble, c’est bien plus qu’un vecteur de santé. C’est un liant social et un pas vers une société plus juste, plus humaine et plus connectée. Que ce soit par la valorisation des talents cachés des enfants qui vivent avec des défis particuliers, par le partage de savoirs entre cultures et générations ou par la réappropriation des ressources locales, la richesse de l’alimentation réside dans la qualité des relations que l’on cultive autour de la terre et de la table.
Des projets comme L’agroalimentaire s’invite à l’école permettent ainsi de bâtir collectivement un monde où la diversité est célébrée à chaque repas.
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