Activité physique

Quand le hockey unit toute une école

Quand le hockey unit toute une école

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À l’école primaire de la Mosaïque de Saint-Basile-le-Grand, il se passe quelque chose d’unique. Chaque année, les élèves y vivent une fébrilité digne des joueurs de la LNH… et c’est grâce à leur propre ligue de hockey, la LHM. Lancée il y a 10 ans, cette initiative est devenue une tradition bien ancrée, faisant vibrer toute l’école, des enfants jusqu’au personnel enseignant.

*** Cet article est publié dans le cadre d’un partenariat spécial entre 100o et la Faculté des sciences de l'activité physique de l'Université de Sherbrooke. Théo Lestage-Rousseau, chargé de cours et ambassadeur 100°, a invité les étudiant·es de son cours Élaboration et gestion de projet, offert dans le cadre du Baccalauréat en enseignement en éducation physique et à la santé, à rédiger des articles de presse « à la manière 100° » pour présenter un projet inspirant mis en œuvre dans un milieu scolaire, communautaire ou entrepreneurial et en lien avec l’activité physique et/ou les saines habitudes de vie. Deux articles ont été sélectionnés pour publication. Aujourd'hui, nous vous présentons l'article d'Emmanuelle Chaput.***

La Ligue de hockey de la Mosaïque (LHM), c’est bien plus qu’une activité qui se déroule sur l’heure du dîner. C’est une vraie saison de hockey, avec ses séries éliminatoires, sa coupe Stanley, ses trois étoiles du match, des entraîneurs (en l’occurrence, des enseignants de science et de musique) et même une collection de vêtements et d’accessoires officiels.  

Tout est parti d’un objectif précis : encourager les élèves à bouger davantage, à travailler en équipe et à intégrer des valeurs sportives dans un environnement sain et inclusif. C’est ainsi que Martin Fabre a eu l’idée de lancer une ligue de hockey cosom inspirée de la LNH, adaptée au contexte scolaire primaire. Cet enseignant en éducation physique, passionné de hockey, y voyait aussi l’occasion de rendre ce sport accessible à toutes et tous, autant les filles que les garçons.  

« L’idée était de créer une expérience complète, comme chez les professionnels. Les enfants ne font pas qu’apprendre à jouer : ils vivent le hockey et font partie d’une communauté », explique Martin Fabre. 

ligue de hockey

Le hockey pour toutes et tous: une victoire pour l’inclusion

Au-delà du sport, la LHM s’est rapidement imposée comme un projet éducatif et social. Le hockey, encore souvent perçu comme un sport masculin, est devenu synonyme d’égalité à l’école de la Mosaïque. Dès les premières saisons, les filles ont pris leur place en montrant qu’elles pouvaient rivaliser avec les garçons.  

« Ce projet a permis à des jeunes filles de 10 ans, comme moi à l’époque, de réaliser que le hockey n’était pas réservé aux garçons. Les filles peuvent jouer avec autant de passion et de talent qu’eux, que ce soit à leurs côtés ou contre eux », raconte Magalie Chaput, 19 ans, une ancienne de la ligue. Aujourd’hui athlète, elle se souvient de la LHM comme d’un moment marquant. « La LHM m’a permis de développer ma confiance, mon esprit d’équipe et ma passion pour le sport. On apprenait à s’encourager, à se dépasser, peu importe notre niveau ou notre expérience. » 

match de hockey cosom

D’activité sportive à projet scolaire multimédia

Au fil des années, la LHM a évolué et s’est enrichie de nouvelles idées, venues entre autres des élèves. Ce n’est plus seulement une ligue de hockey : c’est désormais un projet multidisciplinaire où chacun·e trouve sa place.

Les parties sont filmées et les élèves s’occupent du tournage et du montage. Les vidéos sont ensuite publiées sur la page Facebook de la ligue, où les parents peuvent suivre les matchs et encourager leurs enfants à distance. D’autres élèves participent en commentant les parties. Elles et ils décrivent les moments forts, réalisent des entrevues d’après-match et rédigent des comptes rendus, affichés dans les corridors de l’école. Cette approche inclusive a fait de la LHM un projet d’école où chaque élève peut s’impliquer à sa façon, selon ses intérêts. 

Cela dit, réaliser un tel projet entraîne des défis, dont celui d’intégrer les activités à l’horaire scolaire, un exercice qui demande planification et adaptation. « La solution est venue d’une collaboration étroite entre les enseignants et la direction et d’une grande flexibilité pour adapter les matchs aux disponibilités du gymnase », explique Martin Fabre.  

équipe de hockey

Des retombées bien au-delà du hockey

Le succès de la LHM ne se mesure pas seulement en buts marqués, mais surtout en valeurs transmises. Le projet a profondément transformé la culture de l’école. Il a créé un fort sentiment d’appartenance. Par exemple, les chandails et les bouteilles d’eau de la ligue sont devenus des symboles de fierté. Quant aux matchs, ils rassemblent autant les élèves que le personnel enseignant. 

En favorisant le respect, la collaboration et le dépassement de soi, l’activité a même amélioré le climat scolaire. « Quand on voit les élèves se dépasser, s’encourager et rire ensemble après un match, on comprend que la LHM, c’est bien plus qu’une ligue. C’est une façon de grandir ensemble, de se respecter et de se découvrir à travers le sport », conclut Martin Fabre.

Un modèle inspirant pour d’autres écoles

Aujourd’hui, la LHM est devenue une véritable fierté pour Saint-Basile-le-Grand. Plusieurs écoles de la région s’y intéressent comme modèle de projet rassembleur. Ce qui distingue cette initiative, c’est sa capacité à mobiliser toute la communauté scolaire.  

Saison après saison, la LHM continue d’évoluer en conservant sa mission : faire du hockey un moteur d’inclusion, de plaisir et de fierté. Un projet simple, né d’une passion, qui continue d’unir une école tout entière. 

Rédaction : Emmanuelle Chaput, étudiante à l'Université de Sherbrooke 

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