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Avez-vous entendu parler du Pacte de l’école québécoise ? L’initiative est ambitieuse : transformer nos écoles pour qu’elles répondent mieux aux défis socioécologiques actuels – et surtout – en faire des milieux où les jeunes apprennent à agir. Coup d’œil sur un mouvement tourné vers l’écocitoyenneté.
Tout commence en septembre 2018, lorsque le Secrétaire général des Nations Unies, Antonio Guterres, lance un appel à l’action sans précédent face à l’urgence climatique. Au Québec, cet appel résonne fort. Des acteur·rices du milieu de l’éducation, accompagnés d’élèves et d’étudiant·es, se mobilisent pour réfléchir à une école plus responsable et engagée.
Quelques mois plus tard, le 22 février 2019, l’événement La planète s’invite à l’école rassemble plus de 750 personnes autour d’une grande question : « Comment former une jeunesse capable de relever les défis socioécologiques actuels ? » C’est à ce moment que naît le Pacte de l’école québécoise.
Qu’est-ce que le Pacte de l’école québécoise?
Le Pacte constitue à la fois :
- Un appel à l’engagement collectif pour tout le réseau éducatif;
- Une feuille de route pour accompagner plus de 50 écoles secondaires du Québec dans une démarche structurante de transition socioécologique. Ce rôle d’accompagnement revient au Lab22, un laboratoire d’innovations sociales et environnementales;
- Un outil d’analyse, qui aide les écoles à mesurer leurs actions et leurs progrès.
Inspiré du Partenariat pour une éducation verte de l’UNESCO, le Pacte s’articule autour de quatre grands axes.
Axe 1 – Gouvernance scolaire: des bases solides pour l’engagement socioécologique
Cet axe vise à ancrer l’engagement socioécologique dans la structure même de l’école : politiques, projet éducatif, code de vie, formation du personnel, suivi des résultats. L’objectif ? Que la transition ne repose pas uniquement sur quelques personnes motivées, mais qu’elle devienne une responsabilité collective et durable.
Au Collège Jean-Eudes, par exemple, la transition socioécologique a été abordée comme un projet d’établissement plutôt que sous forme d’initiatives isolées. Concrètement, l’école a entrepris plusieurs actions :
- Une révision du code de vie, en impliquant activement le conseil des élèves, afin d’y intégrer des valeurs liées à l’écoresponsabilité, à la consommation responsable et au respect du milieu;
- La nomination d'un enseignant-conseiller en éducation relative à l'environnement (ERE) pour une période d'un an. Cette personne bénéficie d’un allègement de ses tâches d'enseignement afin d'établir un inventaire des contenus en ERE traités en classe et de jeter les bases d’une meilleure intégration de ces contenus dans les différentes disciplines;
- L’élaboration d’un plan d’action de transition socioécologique, comprenant des objectifs mesurables et un calendrier de mise en œuvre;
- La révision du plan d’aménagement extérieur, visant la déminéralisation des surfaces, l’ajout de végétation, l’installation de classes extérieures et la création d’habitats favorables aux pollinisateurs.
L’éducation relative à l’environnement est entrée dans notre école en 2019. Depuis, les enseignantes et les enseignants sont formés afin d’en comprendre les principes, pour ensuite les appliquer dans leur enseignement. De là est né notre profil de sortie, qui regroupe les valeurs et les compétences que l'on souhaite développer chez nos élèves afin de les outiller à devenir des écocitoyennes et des écocitoyens. Ce profil de sortie nous oriente tous dans la même direction en proposant des activités pédagogiques cohérentes, par niveau ou par matière.
Julie Cloutier, directrice adjointe à la pédagogie, Collège Jean-Eudes
Axe 2 – Enseignement et activités éducatives: apprendre pour agir
Cet axe met l’accent sur la pédagogie active. Les élèves ne sont plus seulement informés des enjeux environnementaux : elles et ils les analysent, les vivent et participent à des solutions concrètes, en lien avec leurs apprentissages scolaires.
À l’école secondaire du Chêne-Bleu, à Pincourt, ces enjeux sont intégrés à une multitude de projets pédagogiques et aux activités parascolaires.
Voici quelques-unes des actions mises en place :
- La concentration Vert Avenir, qui permet aux élèves de la 1re à la 3e secondaire de s’éveiller à une variété de thématiques environnementales tout en se mettant en action, notamment à travers des projets d’agriculture durable;
- Le projet vert, qui comprend la gestion d’un jardin, d’une serre et d’un poulailler, l’assemblage de paniers de produits du jardin pour la communauté, ainsi que des ateliers agroalimentaires et de fabrication de produits maison;
- L’organisation annuelle d’une Semaine de la Terre, combinant activités de nettoyage du terrain de l’école, compétition de recettes végétariennes, lunchs zéro déchet, jeux-questionnaires éducatifs, kiosques et collecte de vêtements usagés;
- Le tournage d’une capsule vidéo de sensibilisation sur le vide-casier écoresponsable, diffusée auprès de l’ensemble de la communauté scolaire;
- L’aménagement d’une classe extérieure, utilisée pour différentes matières (sciences, arts, français), afin de favoriser le contact avec la nature en contexte d’apprentissage.
Axe 3 – Infrastructures et ressources matérielles: faire de l’école un modèle d’écoresponsabilité
Cet axe vise à réduire l’empreinte écologique des établissements scolaires, tout en transformant chaque école en outil pédagogique vivant. Les infrastructures deviennent des supports d’apprentissage à part entière.
À Saint-Césaire, l’école secondaire Paul-Germain-Ostiguy a su mettre à profit ses infrastructures pour lancer une multitude d’initiatives, touchant autant l'application du principe des 5RV (refuser, réduire, réutiliser, réparer, recycler et valoriser) que l’alimentation écoresponsable et le verdissement.
Parmi les actions déployées, on retrouve :
- La mise en place d’une friperie scolaire, accompagnée d’activités de sensibilisation à la surconsommation textile;
- Une formation pratique sur la réparation de vélos, offerte à l’occasion du Jour de la Terre, pour promouvoir la mobilité active et durable;
- Une offre bonifiée, à la cafétéria, de salades-repas et de soupes à prix réduit pour les élèves et le personnel, ainsi que l'achat de vaisselle réutilisable, d'un lave-vaisselle et d'un présentoir réfrigérant, grâce au financement de M361 et d'Équiterre;
- La création d’une forêt nourricière, réalisée en collaboration avec la communauté, les parents, les élèves, le personnel enseignant et les organismes de financement;
- L’acquisition et le déploiement de nouveaux îlots de tri, accompagnés d’une campagne de sensibilisation.
Comme enseignante de musique, j’ai senti le besoin d’être cohérente et de faire des liens entre mes valeurs citoyennes, mon implication dans l’écolab de l’école et mon enseignement. Avec un groupe d’élèves de première secondaire, qui fait l’apprentissage du ukulélé, nous avons réalisé un projet vidéo de sensibilisation à l’environnement, sur la chanson Ensemble de Jay Scott. Par la suite, ces élèves ont pu présenter la chanson lors d’un concert écoresponsable.
Valérie Fortin, enseignante, école Paul-Germain-Ostiguy
Axe 4 – Partenariat avec la communauté: élargir l’impact des actions pour l’environnement
Le dernier axe du Pacte vise à inscrire l’école dans son écosystème. En travaillant avec les familles, les organismes locaux et les instances publiques, chaque établissement renforce la portée et la durabilité de ses actions.
À l’école secondaire Jean-de-Brébeuf, dans le quartier Limoilou à Québec, un tout nouveau partenariat a vu le jour au sein de la cafétéria de l’établissement. L’organisme à but non lucratif Nourrir ensemble y offre des repas sains et abordables, tout en favorisant la lutte contre le gaspillage alimentaire et l’écoresponsabilité.
Grâce à ce partenariat, l’école peut :
- Inclure des aliments locaux et de qualité à son offre alimentaire pour les jeunes;
- Récupérer, produire et distribuer des aliments provenant de la communauté, afin de réduire le gaspillage alimentaire;
- Réduire sa quantité de déchets grâce aux ustensiles et aux assiettes lavables;
- Diminuer ses émissions de gaz à effet de serre (GES) grâce à un vélo-cargo utilisé pour transporter les aliments, des commerces locaux jusqu’à la cafétéria de l’école;
- Renforcer l’autonomie et la solidarité au sein de la communauté de Limoilou.
Transition socioécologique: passer de l’intention à l’action
S’engager dans la transition socioécologique peut sembler ambitieux, mais les écoles n’ont pas à naviguer à l’aveugle. Le Pacte de l’école québécoise constitue un outil solide et structurant pour guider les établissements qui souhaitent amorcer ou approfondir leur démarche de transition.
Et surtout, les écoles ne sont pas seules dans cette démarche. Le Lab22 propose de nombreuses ressources ainsi qu’un accompagnement personnalisé pour les établissements qui souhaitent transformer leur milieu. Tout ce qu’il faut pour se lancer avec confiance et s’engager pour un avenir durable !
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